Je rentrais de l’école avec ma grand-mère et m’abandonnais à cette chaleur d’un début d’été du Midi. Caresse pointue et sèche. La porte du vieil immeuble de l’Avenue Clémenceau, tout près des allées Paul Riquet, me semblait immense et lourde. Elle l’ouvrit, je m’y glissais et atterrissais dans un autre monde, j’arrivais au port. Fraicheur généreuse, enveloppante, stimulante, de la grande entrée, parfum de vin qui monte des caves, mêlée à une légère odeur d’essence, la moto de mon oncle. Accents occitans, « Petit, tu m’aides à porter ? ». J’abordais le grand escalier de pierre et sa rampe. C’était presque frisquet maintenant. Il me prêta toute l’énergie nécessaire. Là-haut, au dernier étage qui surplombait des toits de tuiles brûlantes, dans la cuisine, des pains de glace nous attendaient dans le garde-manger aux casiers de bois. Nous allions boire de l’eau fraiche et du sirop de menthe.

Anamnèse