A l’âge de 40 ans Rabbi Aquiva, qui était berger, n’avait jamais encore étudié. Un jour qu’il se tenait auprès d’un puits, il constata que l’une des pierres de la margelle était particulièrement creusée.

« Il se demanda comment se peut-il que la pierre, dure figée, et immobile se prête à un travail de polissage ? Quand il vit les puiseurs et puiseuses d’eau jeter leurs seaux ou fond du puits et les ramener pour l’emporter ensuite sur leurs épaules, il comprit que ce polissage était le travail de l’eau, de toutes ces gouttes d’eau qui chaque jour tombaient des seaux, il comprit que si l’insistante légèreté de quelques gouttes avait le pouvoir de sculpter et de creuser la pierre sauvage, la lecture et l’étude régulière avait sans doute aussi le pouvoir de façonner l’esprit et le cœur humain. Immédiatement il partit étudier. »

Marc-Alain Ouaknin poursuit sa conversation avec Georges-Elia Sarfati.