Spiritualité et désinformation : discerner le vrai

Spiritualités Magazine

La recherche de la vérité face à la désinformation

Ce que la spiritualité peut apprendre du doute — et ce que le doute peut rendre à la vie spirituelle.

Il y a des mensonges qui se présentent comme des informations. D’autres se présentent comme des révélations. Ils ne nous demandent pas seulement de les croire : ils nous promettent de voir enfin ce que les autres ne voient pas, de rejoindre ceux qui savent, de donner un sens caché à ce qui nous inquiétait.

La désinformation trouve ainsi dans la quête spirituelle un territoire particulièrement sensible. Non parce que toute spiritualité serait irrationnelle, mais parce qu’elle accueille l’invisible, l’intuition, le symbole, l’expérience intérieure et les questions auxquelles aucune mesure ne répond entièrement. Ces ouvertures sont précieuses. Elles deviennent vulnérables lorsqu’un récit utilise leur langage pour échapper à toute vérification.

Une impression peut être authentique. Une émotion peut être vraie. Une expérience peut bouleverser une existence. Pourtant, l’interprétation que nous en donnons n’acquiert pas automatiquement la même vérité. Sentir une présence ne prouve pas ce qu’est cette présence. Éprouver une coïncidence comme un signe ne suffit pas à établir qu’elle a été intentionnellement adressée. Pressentir un danger ne démontre pas encore la réalité du récit qui vient lui donner un visage.

Le discernement commence peut-être ici : respecter ce qui a été vécu, sans transformer trop vite le vécu en explication du monde. La spiritualité ne perd rien à cette exigence. Elle évite seulement de confondre profondeur et certitude.

Entrer dans la question

La vérité n’est pas toujours de même nature

Lorsque nous affirmons qu’un événement s’est produit, qu’un traitement guérit une maladie, qu’une personnalité a prononcé une phrase ou qu’une étude démontre un effet, nous parlons du monde observable. La recherche demande alors des sources, un contexte, une méthode et la possibilité d’une contradiction documentée.

Lorsque nous disons qu’une musique nous réconcilie avec nous-mêmes, qu’un symbole nous accompagne ou qu’un silence nous transforme, nous parlons d’une expérience. Elle n’a pas besoin d’être reproduite en laboratoire pour compter dans notre vie. Elle doit néanmoins être présentée pour ce qu’elle est : une expérience vécue, non une loi universelle imposée aux autres.

Une œuvre, un mythe ou une image peuvent encore être porteurs d’une vérité symbolique. Ils ne racontent pas nécessairement un fait historique ; ils donnent forme à une épreuve humaine. Leur vérité tient à leur puissance d’ouverture, à ce qu’ils permettent de reconnaître et de traverser. Le symbole s’appauvrit lorsqu’on le prend pour un reportage. Le fait se dérobe lorsqu’on le transforme en symbole pour éviter de le vérifier.

Le fait

Il demande des traces, des sources, des méthodes et une confrontation avec la réalité extérieure.

Le vécu

Il témoigne de ce qui a été ressenti ou traversé, sans valoir automatiquement pour tous.

Le symbole

Il ouvre plusieurs chemins de sens et relie l’image à l’expérience du lecteur ou du pratiquant.

La parole tenue

Elle confronte nos convictions à notre manière d’agir et aux conséquences produites.

Une expérience intérieure peut être profondément vraie sans constituer, à elle seule, une preuve sur le monde extérieur.
Première expérience

Que vient m’offrir le récit que je rencontre ?

Une publication affirme révéler une vérité cachée. Elle relie plusieurs événements, promet une compréhension nouvelle et explique que les médias ordinaires refusent d’en parler. Avant même de vérifier son contenu, observons ce qu’elle nous propose intérieurement.

Le besoin derrière la croyance

Qu’est-ce qui vous attire le plus ?

01
Le besoin d’ordre n’est pas une faiblesse. Nous cherchons naturellement une forme qui rende le monde habitable. Le risque commence lorsque la cohérence parfaite du récit devient plus importante que sa confrontation aux faits.
La révélation peut flatter autant qu’elle éclaire. Se sentir parmi les rares personnes éveillées rend la remise en question douloureuse : abandonner une croyance semble alors signifier perdre une identité supérieure.
Une cause unique apaise momentanément la complexité. Elle concentre la colère et transforme parfois des personnes réelles en figures absolues du mal. Demandez ce que le récit laisse hors champ.
L’appartenance répond à un besoin vital. Une communauté devient cependant dangereuse lorsque toute objection est interprétée comme une preuve d’hostilité ou de manque d’éveil.
Une distinction délicate

Intuition, impulsion, peur : qui parle en nous ?

L’intuition est souvent décrite comme une connaissance immédiate qui ne passe pas par un raisonnement explicite. Elle peut condenser une longue expérience, percevoir une discordance que nous ne savons pas encore nommer ou ouvrir une piste véritablement neuve. Elle peut aussi se mêler à une attente, à une crainte ancienne ou à une association devenue automatique.

La sensation de certitude ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier l’intuition juste. Certaines fausses informations produisent précisément cette impression : « au fond, je l’ai toujours su ». Elles ne créent pas nécessairement une croyance ; elles donnent une histoire à une disposition déjà présente.

Le discernement ne consiste pas à mépriser l’intuition. Il lui offre du temps. Il observe si elle demeure lorsque l’émotion se dépose, si elle supporte les faits qui la contrarient, si elle ouvre une recherche ou exige immédiatement une adhésion.

Observer la qualité d’une impression

Cliquez sur les signes présents

02

Pensez à une affirmation qui vous a récemment paru immédiatement vraie. Quels éléments accompagnaient cette impression ? Plusieurs choix sont possibles.

Choisissez les éléments qui étaient réellement présents. Le résultat n’est pas un verdict, mais une invitation à ralentir.
Le temps du discernement

Le silence n’approuve pas : il laisse décanter

Beaucoup de traditions spirituelles accordent une place au silence, à la méditation, à la prière, à la contemplation ou au retrait. Ce silence peut nous libérer du bruit qui réclame sans cesse une réaction. Il rend perceptibles les mouvements plus discrets : la contraction du corps, le désir d’être rassuré, la joie d’avoir raison, la peur d’être exclu.

Mais le silence ne transforme pas magiquement une affirmation en vérité. Une idée répétée pendant une méditation peut devenir plus familière, non plus exacte. Un sentiment de paix peut accompagner une représentation erronée. L’expérience contemplative modifie notre relation à une pensée ; elle ne remplace pas l’enquête lorsque cette pensée affirme quelque chose de vérifiable.

Le silence est fécond lorsqu’il nous rend à nouveau disponibles au réel, y compris au réel qui dérange notre belle construction intérieure.

Le ressenti est une information sur notre relation à l’affirmation. Il peut révéler une résonance importante. La question suivante reste ouverte : que nous apprend-il sur le monde extérieur, et comment pourrions-nous le vérifier ?

Une coïncidence peut acquérir un sens immense dans une existence. La recevoir comme symbole n’oblige pas à prétendre connaître la cause objective qui l’a produite. Le sens vécu et l’explication causale peuvent rester distincts.

Peut-être. Mais une preuve future imaginée ne peut servir de preuve présente. Nous pouvons conserver une hypothèse, raconter une expérience et reconnaître honnêtement ce qui n’est pas établi.

Cette formule protège une croyance contre toute contradiction : le désaccord devient la preuve de l’infériorité de celui qui l’exprime. Un chemin spirituel vivant devrait pouvoir rencontrer une objection sans dévaluer la personne qui la formule.

Voir autrement

Le symbole ouvre le réel ; il ne falsifie pas les faits

Un arbre peut être étudié par la botanique, mesuré, daté, situé dans un écosystème. Il peut aussi devenir l’image d’une filiation, d’un axe, d’une croissance ou d’un lien entre plusieurs mondes. Ces approches ne se détruisent pas. Elles répondent à des questions différentes.

La confusion apparaît lorsque la lecture symbolique se présente comme une explication factuelle indiscutable, ou lorsque la connaissance scientifique prétend épuiser ce qu’une image fait vivre à une conscience. Le discernement ne choisit pas paresseusement un camp. Il demande à chaque parole de dire depuis quel lieu elle parle.

Certaines traditions initiatiques, parmi lesquelles la franc-maçonnerie, placent explicitement la recherche de la vérité au cœur de leur démarche. Leur apport possible ne réside pas dans la possession d’une vérité réservée, mais dans l’organisation d’un temps, d’un espace, d’un silence, de symboles et d’une confrontation collective qui déplacent la manière de chercher. Cette discipline rejoint une question plus universelle : comment demeurer ouvert sans devenir crédule, et rigoureux sans fermer l’expérience ?

La profondeur n’est pas le contraire de la vérification. Elle commence parfois par l’honnêteté de dire : « Je ne sais pas encore ce que cette expérience signifie. »
Troisième expérience

Puis-je laisser la vérité me déplacer ?

Nous aimons la vérité lorsqu’elle confirme notre chemin. Nous la reconnaissons moins volontiers lorsqu’elle nous oblige à abandonner une explication, à corriger une publication ou à reconnaître qu’une personne que nous avions jugée avait raison sur un point important.

Une spiritualité du discernement ne se mesure pas au nombre de certitudes accumulées. Elle apparaît dans la qualité avec laquelle nous pouvons traverser la perte d’une certitude sans nous effondrer, humilier celui qui nous corrige ou remplacer immédiatement une croyance par une autre.

Changer d’avis n’est pas toujours une faiblesse. Cela peut être le signe que la relation au réel est restée vivante.

Carnet intérieur

Ce que je ne veux peut-être pas savoir

03

Pensez à une conviction spirituelle, politique ou personnelle qui compte pour vous. Quelle découverte vous serait difficile à accueillir ? Que craindriez-vous de perdre en changeant d’interprétation ?

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Une responsabilité spirituelle

Prendre soin du monde commun

La désinformation n’est pas seulement un problème individuel. Chaque partage ajoute quelque chose à l’atmosphère dans laquelle les autres tentent à leur tour de comprendre. Nous pouvons transmettre de la clarté, mais aussi de la peur, de l’humiliation, une accusation invérifiable ou l’idée que toute vérité est devenue impossible.

Une pratique spirituelle qui cultive la présence, la compassion ou l’unité ne peut ignorer les effets concrets de la parole. Partager une information parce qu’elle sert une cause jugée bonne ne la rend pas vraie. Déformer un adversaire ne prépare pas un monde plus conscient. La fin spirituelle n’innocente pas les moyens informationnels.

Prendre soin du monde commun demande parfois des gestes modestes : attendre avant de relayer, retrouver le document complet, distinguer le témoignage de la preuve, corriger publiquement une erreur, refuser la moquerie et conserver une place pour la personne derrière l’opinion.

Nous n’avons pas besoin de tout vérifier nous-mêmes. Nous pouvons aussi reconnaître nos limites et suspendre notre partage. Cette retenue n’est pas une démission ; elle peut être une forme contemporaine de sobriété.

Ce que nous transmettons ne révèle pas seulement ce que nous croyons. Cela contribue au monde dans lequel les autres devront chercher à leur tour.
Continuer à chercher

Une vérité qui ne ferme pas le chemin

La désinformation exploite souvent une aspiration légitime : comprendre ce qui nous arrive. Lui résister ne signifie pas renoncer au sens, au symbole ou à l’intuition. Cela signifie leur rendre leur véritable profondeur en refusant de les utiliser comme des raccourcis vers la certitude.

Le discernement tient ensemble l’attention intérieure et l’exigence du réel. Il écoute l’émotion sans lui abandonner le jugement. Il accueille l’expérience sans la transformer immédiatement en doctrine. Il vérifie les faits sans prétendre que les faits épuisent le mystère d’une existence.

Chercher la vérité devient alors moins une conquête qu’une qualité de présence : la capacité de rester devant ce qui est, de reconnaître ce que nous ignorons et de laisser une réalité plus vaste déplacer l’histoire que nous avions déjà préparée.

Sources et prolongements

Un parcours interactif de Spiritualités Magazine.

Le Patriarcat à l’écran : ce que nos films disent de notre imaginaire

Livres • Société • Imaginaire

Le Patriarcat à l’écran : ce que nos films disent de notre imaginaire

Dans son essai Le Patriarcat à l’écran, Julie Gallois nous invite moins à condamner nos films et nos séries qu’à apprendre à les regarder une seconde fois. Car les images que nous regardons finissent aussi par façonner celles avec lesquelles nous pensons le monde.

Il insiste. Elle refuse. Il insiste encore.
Puis elle cède.

La musique nous indique que c’est romantique.

Nous avons vu cette scène cent fois. Peut-être mille. Et pendant longtemps, elle ne nous a même plus étonnés.

C’est peut-être là que commence vraiment Le Patriarcat à l’écran, l’essai de Julie Gallois : non pas devant ce qui est spectaculaire, mais devant ce que nous avons tellement appris à regarder que nous avons cessé de le voir.

La préface d’Élodie Arnould présente le livre comme une sorte de paire de lunettes : un outil pour mettre des mots sur ce sentiment diffus que quelque chose, dans une scène, un personnage ou une histoire, nous dérange sans que nous sachions toujours expliquer pourquoi.

Et si cette question concernait finalement beaucoup plus que le cinéma ?

Les histoires que nous regardons finissent-elles par nous regarder ?

Nous pensons volontiers qu’un film est « seulement un film ».

Nous savons qu’une série est une fiction. Nous savons que les héros n’existent pas. Et pourtant, depuis l’enfance, nous apprenons à reconnaître le courage, la beauté, l’amour, la séduction, la réussite ou le féminin dans les histoires que notre société nous raconte.

Les écrans ne constituent donc pas seulement un divertissement. Ils participent à la fabrication d’un imaginaire collectif.

Julie Gallois entreprend d’en observer les coutures.

Son livre passe du langage à la mythologie, des représentations picturales au cinéma, du male gaze au female gaze, du temps de parole des femmes à leur vieillissement à l’écran, des dessins animés aux séries, puis au théâtre, à la radio et à la téléréalité.

Et maintenant, regardez

Qui agit ?
Qui attend ?
Qui regarde ?
Et surtout : qui est regardé ?

Méduse : les mythes ne meurent jamais tout à fait

La présence de la mythologie dans l’ouvrage est particulièrement intéressante pour un magazine consacré aux spiritualités, aux symboles et aux imaginaires.

Pourquoi revenir à Méduse pour parler de cinéma ?

Parce qu’avant Netflix, avant Hollywood, avant la télévision, d’autres récits transmettaient déjà des représentations du monde.

Le livre reprend notamment une relecture contemporaine du mythe de Méduse : une femme victime de Poséidon se trouve ensuite punie et transformée en monstre, tandis que Persée entre dans l’histoire comme celui qui doit la vaincre.

Voilà un déplacement du regard particulièrement fécond.

Nous pensions connaître l’histoire du monstre.

Et si nous regardions maintenant l’histoire depuis le point de vue de Méduse ?

Le monstre change.

Le héros aussi.

Mais surtout, notre regard change.

C’est précisément ce que les mythes permettent : ils voyagent pendant des siècles avec leurs symboles, leurs rapports de pouvoir et leurs rôles distribués presque naturellement.

Ils peuvent être transmis.

Mais ils peuvent aussi être interrogés.

Male gaze, female gaze : qui possède le regard ?

Une caméra n’est jamais tout à fait un œil innocent.

Julie Gallois revient longuement sur le male gaze, ce regard construit depuis une perspective masculine qui ne filme pas de la même façon le corps masculin et le corps féminin.

Elle observe les cadrages, les corps, les écarts d’âge, la manière de donner de la profondeur à certains personnages et d’en réduire d’autres à leur apparence ou à leur fonction narrative.

Mais l’intérêt de cette notion dépasse largement le débat cinématographique.

Depuis quel endroit regardons-nous le monde ?

Nous pouvons alors revoir une scène familière et découvrir que sa signification n’est plus exactement la même.

Ce qui semblait romantique peut devenir insistance.

Ce qui semblait sensuel peut devenir objectivation.

Ce qui semblait naturel peut apparaître comme une construction culturelle.

Et maintenant, regardez

Une histoire peut-elle changer simplement parce que nous changeons de point de vue ?

Voir autrement ne signifie pas condamner toutes les œuvres

C’est peut-être l’un des aspects les plus intéressants du livre.

Les choses ne se divisent pas toujours proprement entre œuvres « féministes » et œuvres « patriarcales ».

Julie Gallois reconnaît elle-même qu’une production peut lui sembler largement progressiste tout en conservant un élément sexiste, un cliché ancien ou une représentation héritée.

Elle voit même dans ces contradictions le signe d’une époque en transformation.

Cela rend la démarche plus intéressante.

Apprendre à regarder n’oblige pas nécessairement à dresser une liste des œuvres autorisées et des œuvres interdites.

Cela permet plutôt de conserver deux pensées en même temps :

J’ai aimé cette œuvre.

Et je peux maintenant voir ce qu’elle raconte aussi, parfois malgré elle.

La conscience ne détruit pas nécessairement le plaisir.

Elle lui enlève seulement un peu de son innocence.

Quand le regard devient un travail intérieur

C’est ici que Le Patriarcat à l’écran rencontre, de manière assez inattendue, une question qui intéresse directement Spiritualités Magazine.

La transformation de soi commence souvent par une modification de l’attention.

Quelque chose était présent.

Nous ne le voyions pas.

Puis nous le voyons.

Et une fois vu, il devient difficile de revenir exactement à l’état précédent.

Julie Gallois raconte elle-même ce phénomène : lorsqu’elle apprend à identifier certains mécanismes sexistes, elle les repère ensuite beaucoup plus facilement dans les productions culturelles.

Mais elle observe également les changements. Son ouvrage comporte toute une partie consacrée à ce qui va « du mieux » : aux films, séries et représentations qui déplacent progressivement les anciennes normes.

Qu’est-ce qu’une histoire nous apprend à trouver normal ?

C’est peut-être finalement la proposition la plus forte du livre.

Ne plus seulement demander :

« Qu’est-ce que cette histoire raconte ? »

Mais ajouter :

« Qu’est-ce qu’elle m’a appris à trouver normal ? »

Et maintenant, regardez votre série préférée.

Le dernier film que vous avez aimé.

Le dessin animé que vous regardiez enfant.

Non pour les condamner.

Simplement pour les revoir.

Car parfois, changer le monde commence par une opération extrêmement modeste :
regarder une seconde fois.

À propos du livre

Le Patriarcat à l’écran
Julie Gallois
Préface d’Élodie Arnould
Les éditions Yves Michel

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Etre un avec – l’acceptation

Arnaud Desjardin – Extraits

Tout non et toute forme ne sont que des vagues limitées changeantes, expression d’une unique énergie, elle, infinie et éternelle.

Le refus

Si vous refusez un tant soit peu une de ces vagues une de ces formes vous lui donnez existence et plus vous la refusez plus vous lui donnez existence. Si au contraire vous dite un oui parfait, mais le mot parfait est toujours sous-entendu, vous êtes parfaitement un avec cette forme. La vague s’efface et c’est l’océan qui se révèle. La vague s’efface en tant que vague limitée et c’est l’océan qui se révèle et le monde dans lequel nous vivons qui est fait de formes limitées, ici un magnétophone, un micro, un Roland, une Jeanne, ce monde en effet révèle son secret. Il ne peut le révéler que dans la perfection de l’adhésion et ce que vous appelez vous aujourd’hui le monde est fait bien sûr de la sensation actuelle ici et maintenant. Mais il fait surtout du passé. Une mémoire qui n’apparaît plus comme une fonction utile mais comme un fardeau, le plus lourd de tous.

Un œil neuf

Si vous pouviez voir chaque chose d’un œil neuf, vierge, ce serait déjà différent. Mais vous ne voyez rien qui ne soit pas vu en référence au passé et le passé à consisté à refuser : 5% d’acceptation 95 pourcent de refus.

Tout tout le secret est là et comme je l’ai dit en commençant cette réunion : si je ne me moque pas de vous je n’ai rien d’autre utile ou important à vous dire. Ce refus c’est un refus qui continue aujourd’hui. Ce mot refus, refus où négation, c’est le refus que ce qui est soit. Le contraire exactement le contraire de l’acceptation ou être un avec la vie. L’existence a été vécue en termes de refus chaque fois que vous refusez quoi que ce soit vous lui donnez une réalité.

Et tout ce qui a été pleinement parfaitement accepté ne laisse aucune trace en nous

Tout ce qui a été tant soit peu refusé laisse une trace et le monde a donc été, le monde pour vous, constitué de tous les refus, tous les refus que ce qui est soit, de toutes les tentatives pour nier la réalité de cette dualité qui disparaît avec le oui. Il se maintient et se renforce avec le non si bien qu’on peut dire que ce que vous êtes aujourd’hui c’est le produit du refus et le monde dans lequel vous vivez c’est le produit du refus. C’est vrai que vous abordez le monde à travers les expériences passées c’est l’enseignement ancien fondamental, et c’est bien l’enseignement aussi de la psychologie moderne.

Qu’est-ce que c’est que ce passé qui vient recouvrir la réalité c’est tout ce qui a été refusé.

Il est vrai que la naissance pour beaucoup d’êtres humains est douloureuse comme l’affirme le Dr Leboyer comme le confirment les naissances revécues auprès de bien des médecins ou des psychothérapeutes cette naissance est déjà un refus. le bébé n’a pas été un avec un avec, sans dualité, avec toutes les sensations diverses qui l’ont assailli pendant les contractions et une fois émergé à l’air libre. (…)

Que serait l’existence sur la planète Terre et que serait mon existence si…

Mais que serait l’existence sur la planète Terre et que serait mon existence à moi simplement s’il n’y avait jamais eu refus je dis bien refus que ce qui est soit. (…)

le refus dont nous parlons ici c’est refuser ce qui en vérité ne peut pas être refusé il est parfaitement possible de dire non merci je ne veux pas de gâteau puis on vous en offre une plus mais il n’est pas possible au petit bébé qui étant un être de dire non merci je ne veux pas ressentir les contractions de ma de l’utérus de ma maman ou non merci je ne veux pas être compressé dans le vagin ou non merci je ne veux pas être assailli par les bruits et les lumières de l’extérieur et cetera (…)

Et ce que nous appelons le passé Dieu sait s’il est question d’être libre du passé de se libérer du passé dans tous les enseignements spirituels ce que nous appelons le passé c’est simplement l’accumulation des refus si vous aviez toujours puis votre naissance était un avec chaque 2nde de votre vie vous seriez tous libres du passé.

Et si vous êtes libre du passé vous êtes libre du futur

Le futur tel que vous l’imaginez tel que vous espérez tel que vous le craigniez ça n’est que là projection où l’élongation du passé. Donc vous seriez ici maintenant donc vous auriez accès à la réalité et l’éveil l’illumination sera à portée de votre main. Comme il est à portée de ma main de toucher ce micro.

Peut-être qu’il vous vient à l’esprit une objection il y a eu bien des moments dans ma vie où j’ai dit oui de tout mon cœur. D’accord mais vous n’avez pas dit oui de tout votre cœur c’est au fait que ces moments heureux n’ont pas duré. Donc tout oui a toujours débouché sur un non. Peut être que comme enfant vous avez dit oui de tout votre cœur au fait de partir en vacances avez-vous dit oui de tout votre cœur au fait de rentrer en classe au mois d’octobre comme on rentrait dans ma jeunesse. Ce à quoi vous avez dit oui n’a jamais duré. Vous n’avez pas dit oui au fait que ça cesse par conséquent tous les oui ont débouché sur un non, sur un refus. Je dis bien le passé le poids du passé, le passé qui vous maintient dans le temps et vous interdit l’éternel présent, tous les mots de la métaphysique que vous avez lu dans un livre ou dans un autre peuvent y passer.

L’inconscient est fait de tout ce qui a été refusé éventuellement refuser dans une vie antérieure si dans une vie antérieure, en admettant que vous accordez quelque valeur à cette doctrine, si tel ou tel d’entre vous retrouve au fin fond de sa conscience les souvenirs de vie antérieure pénibles douloureux limitatif qui viennent le gêner dans cette vie ci l’empêcher d’être à l’aise en harmonie il s’agit toujours des souvenirs de situations qui ont été refusées. Parfois c’est retrouver des moments de bonheur mais on ne les retrouve que parce que ces moments de bonheur se sont arrêtés brusquement par la mort, la tragédie, le drame.

Ecoutez la conférence complète…

Une autre manière de dire l’acceptation…