Le Patriarcat à l’écran : ce que nos films disent de notre imaginaire

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Le Patriarcat à l’écran : ce que nos films disent de notre imaginaire

Dans son essai Le Patriarcat à l’écran, Julie Gallois nous invite moins à condamner nos films et nos séries qu’à apprendre à les regarder une seconde fois. Car les images que nous regardons finissent aussi par façonner celles avec lesquelles nous pensons le monde.

Il insiste. Elle refuse. Il insiste encore.
Puis elle cède.

La musique nous indique que c’est romantique.

Nous avons vu cette scène cent fois. Peut-être mille. Et pendant longtemps, elle ne nous a même plus étonnés.

C’est peut-être là que commence vraiment Le Patriarcat à l’écran, l’essai de Julie Gallois : non pas devant ce qui est spectaculaire, mais devant ce que nous avons tellement appris à regarder que nous avons cessé de le voir.

La préface d’Élodie Arnould présente le livre comme une sorte de paire de lunettes : un outil pour mettre des mots sur ce sentiment diffus que quelque chose, dans une scène, un personnage ou une histoire, nous dérange sans que nous sachions toujours expliquer pourquoi.

Et si cette question concernait finalement beaucoup plus que le cinéma ?

Les histoires que nous regardons finissent-elles par nous regarder ?

Nous pensons volontiers qu’un film est « seulement un film ».

Nous savons qu’une série est une fiction. Nous savons que les héros n’existent pas. Et pourtant, depuis l’enfance, nous apprenons à reconnaître le courage, la beauté, l’amour, la séduction, la réussite ou le féminin dans les histoires que notre société nous raconte.

Les écrans ne constituent donc pas seulement un divertissement. Ils participent à la fabrication d’un imaginaire collectif.

Julie Gallois entreprend d’en observer les coutures.

Son livre passe du langage à la mythologie, des représentations picturales au cinéma, du male gaze au female gaze, du temps de parole des femmes à leur vieillissement à l’écran, des dessins animés aux séries, puis au théâtre, à la radio et à la téléréalité.

Et maintenant, regardez

Qui agit ?
Qui attend ?
Qui regarde ?
Et surtout : qui est regardé ?

Méduse : les mythes ne meurent jamais tout à fait

La présence de la mythologie dans l’ouvrage est particulièrement intéressante pour un magazine consacré aux spiritualités, aux symboles et aux imaginaires.

Pourquoi revenir à Méduse pour parler de cinéma ?

Parce qu’avant Netflix, avant Hollywood, avant la télévision, d’autres récits transmettaient déjà des représentations du monde.

Le livre reprend notamment une relecture contemporaine du mythe de Méduse : une femme victime de Poséidon se trouve ensuite punie et transformée en monstre, tandis que Persée entre dans l’histoire comme celui qui doit la vaincre.

Voilà un déplacement du regard particulièrement fécond.

Nous pensions connaître l’histoire du monstre.

Et si nous regardions maintenant l’histoire depuis le point de vue de Méduse ?

Le monstre change.

Le héros aussi.

Mais surtout, notre regard change.

C’est précisément ce que les mythes permettent : ils voyagent pendant des siècles avec leurs symboles, leurs rapports de pouvoir et leurs rôles distribués presque naturellement.

Ils peuvent être transmis.

Mais ils peuvent aussi être interrogés.

Male gaze, female gaze : qui possède le regard ?

Une caméra n’est jamais tout à fait un œil innocent.

Julie Gallois revient longuement sur le male gaze, ce regard construit depuis une perspective masculine qui ne filme pas de la même façon le corps masculin et le corps féminin.

Elle observe les cadrages, les corps, les écarts d’âge, la manière de donner de la profondeur à certains personnages et d’en réduire d’autres à leur apparence ou à leur fonction narrative.

Mais l’intérêt de cette notion dépasse largement le débat cinématographique.

Depuis quel endroit regardons-nous le monde ?

Nous pouvons alors revoir une scène familière et découvrir que sa signification n’est plus exactement la même.

Ce qui semblait romantique peut devenir insistance.

Ce qui semblait sensuel peut devenir objectivation.

Ce qui semblait naturel peut apparaître comme une construction culturelle.

Et maintenant, regardez

Une histoire peut-elle changer simplement parce que nous changeons de point de vue ?

Voir autrement ne signifie pas condamner toutes les œuvres

C’est peut-être l’un des aspects les plus intéressants du livre.

Les choses ne se divisent pas toujours proprement entre œuvres « féministes » et œuvres « patriarcales ».

Julie Gallois reconnaît elle-même qu’une production peut lui sembler largement progressiste tout en conservant un élément sexiste, un cliché ancien ou une représentation héritée.

Elle voit même dans ces contradictions le signe d’une époque en transformation.

Cela rend la démarche plus intéressante.

Apprendre à regarder n’oblige pas nécessairement à dresser une liste des œuvres autorisées et des œuvres interdites.

Cela permet plutôt de conserver deux pensées en même temps :

J’ai aimé cette œuvre.

Et je peux maintenant voir ce qu’elle raconte aussi, parfois malgré elle.

La conscience ne détruit pas nécessairement le plaisir.

Elle lui enlève seulement un peu de son innocence.

Quand le regard devient un travail intérieur

C’est ici que Le Patriarcat à l’écran rencontre, de manière assez inattendue, une question qui intéresse directement Spiritualités Magazine.

La transformation de soi commence souvent par une modification de l’attention.

Quelque chose était présent.

Nous ne le voyions pas.

Puis nous le voyons.

Et une fois vu, il devient difficile de revenir exactement à l’état précédent.

Julie Gallois raconte elle-même ce phénomène : lorsqu’elle apprend à identifier certains mécanismes sexistes, elle les repère ensuite beaucoup plus facilement dans les productions culturelles.

Mais elle observe également les changements. Son ouvrage comporte toute une partie consacrée à ce qui va « du mieux » : aux films, séries et représentations qui déplacent progressivement les anciennes normes.

Qu’est-ce qu’une histoire nous apprend à trouver normal ?

C’est peut-être finalement la proposition la plus forte du livre.

Ne plus seulement demander :

« Qu’est-ce que cette histoire raconte ? »

Mais ajouter :

« Qu’est-ce qu’elle m’a appris à trouver normal ? »

Et maintenant, regardez votre série préférée.

Le dernier film que vous avez aimé.

Le dessin animé que vous regardiez enfant.

Non pour les condamner.

Simplement pour les revoir.

Car parfois, changer le monde commence par une opération extrêmement modeste :
regarder une seconde fois.

À propos du livre

Le Patriarcat à l’écran
Julie Gallois
Préface d’Élodie Arnould
Les éditions Yves Michel

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Etre un avec – l’acceptation

Arnaud Desjardin – Extraits

Tout non et toute forme ne sont que des vagues limitées changeantes, expression d’une unique énergie, elle, infinie et éternelle.

Le refus

Si vous refusez un tant soit peu une de ces vagues une de ces formes vous lui donnez existence et plus vous la refusez plus vous lui donnez existence. Si au contraire vous dite un oui parfait, mais le mot parfait est toujours sous-entendu, vous êtes parfaitement un avec cette forme. La vague s’efface et c’est l’océan qui se révèle. La vague s’efface en tant que vague limitée et c’est l’océan qui se révèle et le monde dans lequel nous vivons qui est fait de formes limitées, ici un magnétophone, un micro, un Roland, une Jeanne, ce monde en effet révèle son secret. Il ne peut le révéler que dans la perfection de l’adhésion et ce que vous appelez vous aujourd’hui le monde est fait bien sûr de la sensation actuelle ici et maintenant. Mais il fait surtout du passé. Une mémoire qui n’apparaît plus comme une fonction utile mais comme un fardeau, le plus lourd de tous.

Un œil neuf

Si vous pouviez voir chaque chose d’un œil neuf, vierge, ce serait déjà différent. Mais vous ne voyez rien qui ne soit pas vu en référence au passé et le passé à consisté à refuser : 5% d’acceptation 95 pourcent de refus.

Tout tout le secret est là et comme je l’ai dit en commençant cette réunion : si je ne me moque pas de vous je n’ai rien d’autre utile ou important à vous dire. Ce refus c’est un refus qui continue aujourd’hui. Ce mot refus, refus où négation, c’est le refus que ce qui est soit. Le contraire exactement le contraire de l’acceptation ou être un avec la vie. L’existence a été vécue en termes de refus chaque fois que vous refusez quoi que ce soit vous lui donnez une réalité.

Et tout ce qui a été pleinement parfaitement accepté ne laisse aucune trace en nous

Tout ce qui a été tant soit peu refusé laisse une trace et le monde a donc été, le monde pour vous, constitué de tous les refus, tous les refus que ce qui est soit, de toutes les tentatives pour nier la réalité de cette dualité qui disparaît avec le oui. Il se maintient et se renforce avec le non si bien qu’on peut dire que ce que vous êtes aujourd’hui c’est le produit du refus et le monde dans lequel vous vivez c’est le produit du refus. C’est vrai que vous abordez le monde à travers les expériences passées c’est l’enseignement ancien fondamental, et c’est bien l’enseignement aussi de la psychologie moderne.

Qu’est-ce que c’est que ce passé qui vient recouvrir la réalité c’est tout ce qui a été refusé.

Il est vrai que la naissance pour beaucoup d’êtres humains est douloureuse comme l’affirme le Dr Leboyer comme le confirment les naissances revécues auprès de bien des médecins ou des psychothérapeutes cette naissance est déjà un refus. le bébé n’a pas été un avec un avec, sans dualité, avec toutes les sensations diverses qui l’ont assailli pendant les contractions et une fois émergé à l’air libre. (…)

Que serait l’existence sur la planète Terre et que serait mon existence si…

Mais que serait l’existence sur la planète Terre et que serait mon existence à moi simplement s’il n’y avait jamais eu refus je dis bien refus que ce qui est soit. (…)

le refus dont nous parlons ici c’est refuser ce qui en vérité ne peut pas être refusé il est parfaitement possible de dire non merci je ne veux pas de gâteau puis on vous en offre une plus mais il n’est pas possible au petit bébé qui étant un être de dire non merci je ne veux pas ressentir les contractions de ma de l’utérus de ma maman ou non merci je ne veux pas être compressé dans le vagin ou non merci je ne veux pas être assailli par les bruits et les lumières de l’extérieur et cetera (…)

Et ce que nous appelons le passé Dieu sait s’il est question d’être libre du passé de se libérer du passé dans tous les enseignements spirituels ce que nous appelons le passé c’est simplement l’accumulation des refus si vous aviez toujours puis votre naissance était un avec chaque 2nde de votre vie vous seriez tous libres du passé.

Et si vous êtes libre du passé vous êtes libre du futur

Le futur tel que vous l’imaginez tel que vous espérez tel que vous le craigniez ça n’est que là projection où l’élongation du passé. Donc vous seriez ici maintenant donc vous auriez accès à la réalité et l’éveil l’illumination sera à portée de votre main. Comme il est à portée de ma main de toucher ce micro.

Peut-être qu’il vous vient à l’esprit une objection il y a eu bien des moments dans ma vie où j’ai dit oui de tout mon cœur. D’accord mais vous n’avez pas dit oui de tout votre cœur c’est au fait que ces moments heureux n’ont pas duré. Donc tout oui a toujours débouché sur un non. Peut être que comme enfant vous avez dit oui de tout votre cœur au fait de partir en vacances avez-vous dit oui de tout votre cœur au fait de rentrer en classe au mois d’octobre comme on rentrait dans ma jeunesse. Ce à quoi vous avez dit oui n’a jamais duré. Vous n’avez pas dit oui au fait que ça cesse par conséquent tous les oui ont débouché sur un non, sur un refus. Je dis bien le passé le poids du passé, le passé qui vous maintient dans le temps et vous interdit l’éternel présent, tous les mots de la métaphysique que vous avez lu dans un livre ou dans un autre peuvent y passer.

L’inconscient est fait de tout ce qui a été refusé éventuellement refuser dans une vie antérieure si dans une vie antérieure, en admettant que vous accordez quelque valeur à cette doctrine, si tel ou tel d’entre vous retrouve au fin fond de sa conscience les souvenirs de vie antérieure pénibles douloureux limitatif qui viennent le gêner dans cette vie ci l’empêcher d’être à l’aise en harmonie il s’agit toujours des souvenirs de situations qui ont été refusées. Parfois c’est retrouver des moments de bonheur mais on ne les retrouve que parce que ces moments de bonheur se sont arrêtés brusquement par la mort, la tragédie, le drame.

Ecoutez la conférence complète…

Une autre manière de dire l’acceptation…