Inquiétude : La gravité des pertes en biodiversité et l’impact environnemental de l’agriculture intensive suscitent une profonde inquiétude pour l’avenir de la planète et des écosystèmes.
Indignation : La PAC, initialement conçue pour aider les agriculteurs et protéger l’environnement, est aujourd’hui perçue comme favorisant les grandes exploitations et aggravant les inégalités.
Empathie : Les difficultés des petits exploitants, marginalisés par un système qui privilégie la taille des exploitations, éveillent un sentiment d’empathie et de solidarité.
Depuis les années 1980, l’Europe est confrontée à un déclin alarmant de la biodiversité, illustré par la disparition de 25 % des oiseaux, la menace qui pèse sur 40 % des arbres européens, et la diminution significative des papillons et abeilles. Malgré des améliorations dans certains domaines environnementaux, comme la qualité de l’air et la réduction de la pollution industrielle, la nature continue de subir une pression extrême, en grande partie à cause de l’agriculture intensive
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Depuis les années 1980, l’Europe est confrontée à un déclin alarmant de la biodiversité, illustré par la disparition de 25 % des oiseaux, la menace qui pèse sur 40 % des arbres européens, et la diminution significative des papillons et abeilles. Malgré des améliorations dans certains domaines environnementaux, comme la qualité de l’air et la réduction de la pollution industrielle, la nature continue de subir une pression extrême, en grande partie à cause de l’agriculture intensive. Cette dernière a contribué à une recul de 57 % des populations d’oiseaux vivants en zones agricoles et affecte également les insectes.
La politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne, mise en place dans les années 1960 pour garantir la sécurité alimentaire et soutenir les agriculteurs, est aujourd’hui réfléchie pour ses effets néfastes sur l’environnement. Initialement centrale sur l’intensification agricole, la PAC encourageait l’usage de machines, d’engrais et de pesticides pour augmenter les rendements. Au fil des années, des réformes ont tenté de limiter son impact environnemental, notamment en intégrant des paiements aux agriculteurs en fonction de pratiques durables. Cependant, les objectifs environnementaux restent largement inatteints, comme l’ont souligné les rapports récents.
La PAC favorise aujourd’hui les grandes exploitations agricoles aux dépens des petites fermes. Les subventions, fondées sur la superficie exploitée, renforcent les inégalités, marginalisant les petits exploitants et enrichissant les grands propriétaires terriens. Cette politique, loin de protéger la nature, intensifie la pression sur les ressources naturelles, contribuant à la dégradation des habitats. Par ailleurs, elle est devenue un levier politique, suscitant des tensions entre agriculteurs et décideurs, notamment lors des élections européennes.
Les impacts sociaux et économiques du PAC sont également préoccupants. Les supermarchés et fournisseurs d’intrants agricoles captent une part disproportionnée des subventions, laissant peu de marge aux agriculteurs. Ainsi, de nombreux petits exploitants peinent à subsister. En parallèle, l’agriculture intensive et l’élevage industriel, soutenus par ces subventions, aggravent les émissions de gaz à effet de serre, contribuant au changement climatique.
Face à ces défis, des voix s’élèvent pour une réforme urgente et ambitieuse de la PAC. Des acteurs divers – agriculteurs, organisations environnementales et consommateurs – plaident pour une transition vers des pratiques agricoles durables. Ces réformes incluent des paiements ciblés pour les pratiques écologiques et le soutien aux petites exploitations. Elles visent également à réduire la consommation de produits carnés issus de l’agriculture intensive, qui exercent une forte pression sur les terres et génèrent d’importantes émissions de gaz à effet de serre.
Malgré les obstacles, les initiatives récentes, comme les dialogues stratégiques organisés par la Commission européenne, montrent un espoir de transformation. Toutefois, cette transition nécessite un courage politique et une mobilisation collective pour repenser les systèmes de subventions agricoles. Les petits exploitants, qui ont longtemps travaillé en harmonie avec la nature, doivent être au centre de ces changements.



















