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Rencontre avec un livre et un auteur : la paix intérieure

Interview de l’auteur : Alain Delourme

Vidéo d’animation

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Quelques idées clés de cette interview

 Voici un très beau livre, très bien écrit, une belle écriture   et une pensée vraiment profonde

Sans prétention, je travaille beaucoup non seulement la thématique mais aussi la forme l’écriture elle-même.

J’étudiais votre livre, LA PAIX INTERIEURE, que vous avez écrit je suppose l’année passée, lorsque prenant tout le monde au dépourvu, une guerre éclate en Europe…

En fait ce livre a été écrit bien avant et ça ne fait que confirmer que nous sommes dans une société où on privilégie la recherche de pouvoir, et aussi la dimension matérielle au détriment du spirituel. C’est une erreur gravissime tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. Et ce qu’on appelle le progrès, certes il y a plein de choses, mais on a aussi fait d’énormes progrès en termes d’armement par exemple, et on a affaire à des imbéciles qui se trouvent présidents de nations et qui sont des enfants qui jouent à la guerre. Il y a l’exemple des Russes, on en a un peu l’habitude, mais par exemple le président de la Corée du Nord : lui ça se voit que c’est gros bébé qui joue avec ses jouets. sauf que ses jouets ils confinent à l’armement nucléaire. ça peut avoir d’énormes conséquences désastreuses au niveau de l’humanité et ces programmes d’armement s’effectuent au détriment de l’élévation spirituelle.
C’est à dire qu’on est encore embryonnaire sur le plan spirituel. L’homme est en transition, dans une étape intermédiaire entre le singe et l’homme.

 J’ai trouvé que le contenu de votre livre, en quelque sorte montait en puissance spirituelle au fur et à mesure, et vous accompagnez le lecteur depuis des choses assez simples et très ressenties au départ et puis peu à peu vous approfondissez. Le début est d’ailleurs une très belle présentation du thème je pense qu’on peut s’en servir pour présenter le livre.
Mais tout simplement, qu’est-ce que c’est que la paix intérieure

La question n’a rien de simple !
C’est un espace progressivement stabilisé, le rapport à soi-même aux autres et au monde, où il y a une secondarisation de la pensée et du vécu affectif et corporel, mais où on n’est pas pris au piège de l’actualité effervescente, où il se passe toujours des tas de choses dans le monde et dans le quotidien. On n’est pas pris au piège et on reste si possible dans un état intériorisé, et calme, serein. Même si on peut être malmené par des expériences de vie, au niveau amoureux, familial, professionnel, social, interplanétaire…
Il s’agit de ne pas être prisonnier de cette effervescence extérieure et quoi qu’il arrive de rester à peu près tranquille. Un sage par exemple, si on lui annonce la fin du monde dans cinq ou dix minutes, s’il est en train de boire un thé il continuera de boire son thé. Et sa main ne tremblera pas. C’est l’exemple extrême. J’aime beaucoup cette image, je la visualise effectivement et essayons de ne pas être agrippé par l’actualité. Evitons par exemple de regarder tous les jours les informations télévisées qui sont toujours focalisées sur les drames, sur ce qui ne va pas. Donc c’est une attitude, la paix intérieure, un processus. Un processus qui nécessite cet état d’intériorisation que progressivement on va stabiliser en ne laissant pas prise aux pièges. En ne se laissant pas malmener par ce qu’il se passe à l’extérieur.

On arrive quand même ne pas se couper de l’extérieur ?

Non : il ne s’agit pas d’être indifférent à ce qui se passe autour de soi. Chez sa famille chez des amis dans la société dans le monde. Ce n’est pas une position indifférente, pas du tout. C’est une position de retrait, de recul, alors à son acmé on pourrait dire de sagesse. Il y a des êtres qui y sont parvenus. ça veut dire que c’est possible. Je préfère lire et écouter ces maîtres là plutôt que ceux qui nous nous disent que tout va mal. Et que ça va aller de pire en pire.

Est-ce que c’est la même chose que la quête du bonheur ?

Effectivement, c’est pour ça que la première partie je l’ai pour beaucoup consacrée à la présentation d’une joie sereine, d’un bonheur paisible. le mot bonheur en général fait peur. On le trouve utopique, déréalisé. Je soutiens dans d’autres travaux la valeur formidable de l’utopie. Victor Hugo nous dit « l’utopie c’est la réalité de demain » parmi toutes les belles choses qu’il a pu nous transmettre… Quel que soit mon sujet de recherche je cite des pensées admirables de de Victor Hugo. C’est un maître exceptionnel. L’utopie c’est la réalité de demain, si nous y travaillons, évidemment. il ne s’agit pas de rester passif et de travailler individuellement, en groupe et collectivement. A la mise en place de ce bonheur paisible, de cette joie sereine qu’accompagne la paix intérieure. L’une ne va pas sans l’autre. Donc c’est un travail sur l’intériorité qui permet d’y parvenir.

Un travail sur l’intériorité, ça veut dire aussi que l’on veut vivre autrement. C’est lié à un changement aussi ?

Exactement, c’est un projet qui peut paraître ambitieux, irréalisable. C’est de penser autrement.  De vivre autrement. C’est pour ça je cite d’ailleurs Emil Cioran, un philosophe absolument magnifique. C’est quelqu’un qui vivait différemment, qui pensait différemment, qui écrivait autrement. J’aime beaucoup cette différence. Ce qu’on pourrait appeler la passion de l’altérité.  J’aime beaucoup qu’on soit pareil.  Sur le plan biologique, psychologique, relationnel, bon. Mais j’aime beaucoup les personnes qui ont une couleur différente, une manière de vivre et de penser autre que la manière commune. Et des hommes qui disent autre chose que ce qu’on entend. Non seulement à la télévision que je critiquais précédemment mais aussi dans les cours universitaires. On récite encore et encore les mêmes choses. J’y ai consacré pas mal d’années, j’ai fréquenté cinq universités parisiennes et parfois admirables. Mais parfois on répète le par cœur.  Mais justement après mon doctorat en psychologie, bien sûr j’étais satisfait, mais frustré aussi. Il me semblait que c’était intéressant d’aller voir ailleurs.
Justement je me suis demandé dans quelle discipline. Et c’est la philosophie, l’éthique, à la Sorbonne, notamment parce que Robert Misrahi y travaillait. J’adorais ses travaux.
Je fais en sorte de rencontrer les auteurs qui m’intéressent vraiment et j’ai rencontré Robert Misrahi, et c’est ce que j’ai fait et Edgar Morin. Je ne me suis pas contenté de les lire j’ai voulu savoir si le personnage correspondait à la théorie et dans ce qu’il convient de retenir de mon travail. Et je les ai invités dans des colloques de psy et il démarre et pour provoquer aussi il démarrait son intervention ainsi : « je vais vous montrer que l’inconscient n’existe pas » puis il développait sa pensée avec une méthodologie de philosophe. C’était très intéressant. Or sa femme était psychanalyste lacanienne et un jour je l’ai ramené en voiture je lui demande : avec une femme lacanienne comment vous faites, comment ça se passe ?
Ça se passe mal. On a pris la décision sage de plus aborder la question.

Mais expliquez-moi comment l’inconscient n’existe pas ?

Je n’en ai aucune idée ! Je suis persuadé du contraire !
Je suis quand même psychothérapeute depuis 35 ans et force est de constater que ce soit d’ailleurs dans ma propre trajectoire existentielle, ou dans celles que j’ai accompagnées, je pourrais le dire aussi aux niveaux national et international, que l’inconscient existe bien. On fait des choses, et parfois terribles, notamment en termes de conflits, de barbarie, sans trop saisir pourquoi on fait ça.  il y a de mauvais préconscients ou dans bien des cas totalement inconscients.  Oui oui la tension existe. Les existences sont des rencontres plus ou moins tumultueuses entre nos désirs et nos peurs. 

(…)

Je critique les postfreudiens ou les post-lacaniens. Les deux choses qu’ils n’ont pas pensés, c’est 1/ l’amour et 2/ la spiritualité

Il y a un deuxième homme c’est Jung.  C’est aussi l’inconscient collectif et donc vous-même vous vous insistez beaucoup sur les interconnexions. La paix intérieure ce n’est pas quelque chose de solitaire.

C’est exactement ça. Et donc il nous éclaire sur tout ça. La paix intérieure est liée à au moins cinq niveaux :

  • reliée à soi… mais dans les différentes facettes
  • reliée aux autres évidemment intersubjective
  • reliée à la nature
  • reliée au cosmos
  • reliée au sacré

Donc c’est tout sauf un enfermement sur soi-même, dans sa bulle, un extérieur du monde. Mais je trouve que Jung va plus loin que Freud. L’inconscient freudien est individuel, l’inconscient Jungien est collectif. Mais je me propose d’aller plus loin en soutenant un inconscient du monde vivant. C’est à dire pas seulement les humains et aussi les animaux et aussi la végétation par exemple j’ai un rapport très particulier très affectueux avec les arbres. Ils me transmettent énormément de paix et ils me relient à la fois la terre et à la fois au ciel.

Nous sommes bien dans une époque où cette évolution est palpable. Il y a de plus en plus de gens qui se relie comme ça ou au vivant en général et la place de la nature ce n’est pas seulement écologique au sens politique du terme c’est bien en même temps quelque chose de spirituel. Et on sent qu’il y a de la recherche dans ce sens or elle est élargie vraiment à l’ensemble du monde vivant.  

Enfin personnellement je n’adhère à aucune religion terrestre dogmatique et qui ne me parlent pas. Je me sens d’une cosmologie cosmique, la vie est vraiment reliée à l’ensemble donc pas seulement terrestre mais aussi supra-terrestre.  Quand le soleil va s’éteindre dans 4 milliards d’années, la terre n’existera pas non plus.  Si on n’est pas relié à une dimension cosmique, sans le cosmos, sans l’univers, nous n’existerions simplement pas.  C’est un grave problème de se limiter au seul inconscient individuel ou au seul inconscient collectif humain.
Il s’agit de se relier dans la mesure où on le souhaite, et où on intériorise suffisamment, où l’on médite suffisamment, de se relier à beaucoup plus grand que soi.  

Vous parlez aussi d’une dimension initiatique, de la paix intérieure initiatique, qu’est-ce que ça représente exactement ?

C’est tout à fait complémentaire à ce qu’on vient de dire. Initiatique ça vient de « initiare ». Vers la prise de conscience des liens et vers l’élévation spirituelle. Donc la paix initiatique c’est une paix dont on souhaite qu’elle nous relie sur des plans spirituels, spiritualisés, mais même au niveau scientifique. Par exemple la physique quantique nous a montré depuis déjà un siècle que nous sommes tous interconnectés donc au niveau microcosmique c’est au niveau des quantas. Au niveau macrocosmique c’est au niveau des galaxies. Donc nous on est dedans, mais dans cet entre-deux si je puis dire. Donc c’est pour ça que la paix est initiatique. Parce qu’elle est nourrie à tout ce qui est microscopique, à l’infiniment petit, et à l’infiniment grand.  Parmi les avantages ça nous amène à développer quand même une forme d’humilité. Humilité dont les humains manquent énormément.

L’initiatique c’est un passage

Un passage oui. Mircea Eliade a travaillé sur l’initiation, partout sur le globe. Et j’ai tiré profit de cet auteur. Il m’a passionné. Il est très expérimenté sur le thème de la démarche initiatique dans différentes cultures.

Qu’est-ce que vous pensez et de toute cette vague de livres, et moi je suis plongé dedans. Je m’intéresse aux auteurs et aux éditeurs et je trouve qu’il y a un nombre considérable de livres qui demandent aux gens de se transformer. Il y a derrière des gens qui ont des démarches qu’ils proposent. Je trouve que généralement c’est d’un bon niveau. En y mettant du don de soi. J’ai l’impression que ça s’accélère, que de plus en plus on va vers un  monde différent avec une dimension spirituelle et qui fait en creux le contraire : cette façon qu’ont les gens de se  détourner de ce qui jusqu’à présent faisait le quotidien, le politique,  l’implication uniquement dans les problèmes du quotidien etc. J’ai l’impression qu’il y a une élévation par rapport à tout ça que l’on délaisse beaucoup de choses du monde tel qu’il se présente pour aller vers autre chose. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je le vis dans mon travail de psychothérapeute, mais aussi de superviseur de professionnelles de la relation. Je passe beaucoup de temps à dire ce que vous venez de dire. À les inviter parce qu’ils ont des quotidiens extrêmement suroccupés, où ils ont beaucoup trop de patients. Je les invite à prendre le temps de vivre le silence, de vivre les promenades dans la nature, de méditer, de prier. De moins être pressés.
On parlait du bonheur. En fait, pour le bonheur, prendre son temps va plus vite !

(…) La suite, à écouter sur le podcast !

La présence, ça se pratique

Extraits

« Si tu nies pas très occupé, médite vingt minutes ; si tu es occupé, médite une heure, »   SAGESSE ZEN

J’enquêtais sur un phénomène de la méditation quand je découvris la formation à la pleine conscience. Huit semaines pour apprivoiser une pleine présence au quotidien. Cet art de l’attention est inspiré des pratiques et connaissances de la philosophie bouddhiste et éclairé par la recherche actuelle en sciences du cerveau et de la pensée. Cette pratique individuelle répond à nos besoins contemporains de ralentir, de faire preuve d’attention et de douceur pour mieux se reconnecter avec soi et avec le monde

UNE CONSCIENCE EN MARCHE

Si la présence était une science, elle s’appellerait pleine conscience. Une qualité d’attention dans le mouvement de la vie que je découvre ce matin clair de juin face au splendide panorama d’un paysage alsacien.
Lentement, je déroule mon pas, attaque par le talon, puis tout en douceur avance la plante du pied, maintenue un instant comme en suspension. L’équilibre se cherche à quelques centimètres du sol, puis le pied tout entier se déploie et la pointe enfin se pose…
Et je recommence de l’autre côté. Voici près d’une heure qu’en cette journée printanière, sur les hauteurs du mont Sainte-Odile, nous nous essayons à la marche méditative. Sur la terrasse qui surplombe la forêt vosgienne, quelques spectateurs interloqués n’osent ni commenter ni traverser. Car le ballet au ralenti d’une vingtaine de pratiquants, certains nu-pieds et regards perdus vers l’horizon boisé, a de quoi dérouter le touriste pressé. Quelques-uns, séduits, nous ont emboîté le pas. D’autres sont passes, furtifs, sur la pointe des pieds. Un grand silence s’est installé sur l’esplanade, dédiée d’ordinaire aux pèlerins réguliers et aux randonneurs bien chaussés.

La marche lente est l’une de mes toutes premières leçons de « pleine conscience ». Ou comment m’entraîner à garder tout au long de mes journées et de mes activités le fil de l’attention… C’est dans le ralentissement volontaire de mes pas, dans un regard ouvert et disponible à ce qui est, que je me rends présente de tous mes neurones à mon environnement mouvement de la vie que je découvre ce matin clair de juin face au splendide panorama d’un paysage alsacien. Lentement, je déroule mon pas, attaque par le talon, puis tout en douceur avance la plante du pied, maintenue un instant comme en suspension. L’équilibre se cherche à quelques centimètres du sol, puis le pied tout entier se déploie et la pointe enfin se pose… Et je recommence de l’autre côté. Voici près d’une heure qu’en cette journée printanière, sur les hauteurs du mont Sainte-Odile, nous nous essayons à la marche méditative. Sur la terrasse qui surplombe la forêt vosgienne, quelques spectateurs interloqués n’osent ni commenter ni traverser. Car le ballet au ralenti d’une vingtaine de pratiquants, certains nu-pieds et regards perdus vers l’horizon boisé, a de quoi dérouter le touriste pressé. Quelques-uns, séduits, nous ont emboîté le pas. D’autres sont passes, furtifs, sur la pointe des pieds. Un grand silence s’est installé sur l’esplanade, dédiée d’ordinaire aux pèlerins réguliers et aux randonneurs bien chaussés.

La marche lente est l’une de mes toutes premières leçons de « pleine conscience ». Ou comment m’entraîner à garder tout au long de mes journées et de mes activités le fil de l’attention… C’est dans le ralentissement volontaire de mes pas, dans un regard ouvert et disponible à ce qui est, que je me rends présente de tous mes neurones à mon environnement

Comme pour chaque thème, l’autrice nous propose des exercices

Ici… devinez… tout simplement  : pratiquez une de vos habitudes quotidiennes en ralentissant chaque geste

 

Méditer comme la montagne

Méditer la montagne c’est apprendre faire  l’expérience du changement dans la tranquillité. Le corps assis devient la montagne, la tète son sommet, les bras ses côtés, le bassin et les jambes sur le coussin sa base inébranlable. Passent le jour et la nuit, le vent et les intempéries, et la montagne est toujours là, immuable. L’exercice me ramène ma nature changeante : comme les incertitudes de la météo, des émotions, imprévisibles, me traversent. Méditer, je le comprends, n’est pas s’extraire du mouvement de la vie pour s’en protéger, mais se laisser toucher sans perdre pour autant sa stabilité. En demeurant cette base solide sur laquelle les autres peuvent compter.

ET VOUS ? des exercices

Voulez-vous méditer comme la montagne ?

Assis, respirant, le dos droit, stable sur un coussin, visualisez le sommet de votre choix, une belle montagne avec sa base solide enracinée dans la roche et son sommet élancé qui tutoie les nuages Vous y êtes ? Alors vous pouvez maintenant « intégrer » cette montagne en vous, accueillir sa force et sa dignité.

Vous pouvez retrouver le détail de cette pratique dans des CD de méditation.

Ecoutez la présentation de ce livre, qui est à la fois simple, authentique et profond

 

Voir aussi le chapitre du livre d’Elisabeth Marshall qui parle du YOGA

Et d’autres approches que donnent toutes ces pages que le site consacre au YOGA ou tout simplement en parle :

La non dualité

Extraits – Swami Atmananda

La voie de l’éveil immédiat

On entend beaucoup parler aujourd’hui de la voie radicale, de la véritable non-dualité, c’est-à-dire la voie de l’éveil immédiat. Soudain la voie abrupte et donc l’abandon de toute pratique : c’est la voie de la non pratique, en fait. Cette voie est bien documentée dans la tradition, elle fait partie de la tradition zen, de la tradition (…). Mais elle est réservée aux chercheurs avancés.

 

La pratique ne sert qu’à éliminer les obstacles qui sont sur le chemin

La pratique comme je le disais ne sert qu’à éliminer les obstacles qui sont sur le chemin. Ce n’est pas la pratique qui peut mener à l’éveil. Il faut d’abord que la pratique puisse se défaire du praticien et de la praticienne. C’est le but de la pratique.  C’est en fait de dissoudre celui ou celle qui pratique, tant qu’il y a un « je » qui pratique. C’est comme la carotte et le bâton, pour cette pratique. Elle perpétue la séparation, elle perpétue la dualité et donc quelque part c’est très confortable c’est vrai que les gens soient pendant 20 ans pendant 30 ans pendant 40 ans dans une pratique parce que, en fait, c’est une manière d’éviter la grande mort à choix on continue avec la pratique on se sent bien dans la pratique. de temps en temps on a de belles expériences donc les enseignements de la non pratique c’est à dire de l’abandon de la pratique sont seulement destinés à ceux et celles qui ont pratiqué suffisamment pour être stabilisée dans la tension dans la tension.

 

Ne plus être le jouet, la victime, des passions du mental

On voit bien dans les enseignements que l’assistance est sur samhadana, c’est-à-dire cette faculté du mental de pouvoir se recueillir. C’est la notion de recueillement dans le christianisme, le mental sans distraction, donc ne plus être le jouet, la victime, des passions du mental. Donc ça c’est le but de la pratique. Donc une fois que cela est acquis la pratique ne sert plus de rien. Donc il nous faut passer un 2e niveau. Et quelle est la nature de ce 2e niveau ? c’est se laisser guider par la grâce. La culmination de la pratique c’est le un, c’est le fait de se soumettre totalement, de s’abandonner totalement. Donc au départ on a un maître, on a un enseignement, et on pratique cet enseignement. Et puis on arrive à un moment donné à ressentir la guidance intérieure, c’est-à-dire le guru intérieur

 

Cette présence pure en moi

Et c’est là qu’il faut s’abandonner au guru intérieur le guru extérieur sert toujours de guide, de moniteur, de coach, en cas de difficulté, en cas de discernement. Mais il faut donc de plus en plus s’abandonner au guru intérieur c’est à dire à cette présence pure en moi le jeu profond qui va guider la sabana et donc ici la pratique se transforme en Saint abandon pour reprendre cette expression de la mystique chrétienne.  (…)

Les enseignements de l’éveil ne s’adressent qu’à ceux qui sont fatigués de cette vie personnelle Ils ne s’adressent pas à une recherche effrénée de plaisirs du monde. il faut que l’être humain ait rencontré la frustration et pas seulement les rencontres et la frustration mais qu’il ait réfléchi sur la frustration.

 

Ce qui manque c’est la réflexion sur l’expérience

Parce que les expériences s’accumulent de vie en vie. Ce qui manque c’est la réflexion sur l’expérience donc l’être humain ne veut pas apprendre de ses expériences non ? maintenant si on réfléchit à l’impermanence de toute chose, à la brièveté d’une vie humaine, au fait que nous sommes voués à la séparation, aux séparations des êtres chers, à la séparation des objets, séparation de tout ce que nous avons accumulé et acquis à tous les niveaux… donc cela devrait nous faire réfléchir sur la vanité de cette expérience de vie.

 

Ce bonheur est au fond de moi il est dans mon être dans ma propre présence

Et donc les enseignements de l’éveil s’adressent à ceux et celles qui sont arrivés à ce point de réflexion à cette maturité spirituelle que le bonheur que je cherche en vain dans les situations dans les relations dans les choses n’est pas là. Ce bonheur est au fond de moi il est dans mon être dans ma propre présence je suis déjà ce bonheur. Ce bonhomme n’est pas séparé de moi c’est parce que je me suis séparé de moi-même que je le cherche ailleurs. Maintenant ce qu’on voit aujourd’hui avec la médiatisation des enseignements de l’évêque qui avant étaient plutôt prodigués dans le cadre plus intime de la relation maître disciple c’est que cet enseignement touche beaucoup de gens qui sont quand même encore embourbés dans les recherches mondaines, dans la réalité de ce monde, et que ces enseignements provoquent comme un sursaut de conscience, comme un réveil. Et donc voilà c’est pas plus mal. C’est ainsi que voilà, la vie a choisi de se manifester.

 

On parle de l’éveil partout

Aujourd’hui donc on parle de l’éveil partout. On trouve dans toutes les librairies des livres sur l’éveil. On le trouve sur YouTube. C’est un peu la grâce à notre époque d’un côté on a semble-t-il une médiatisation qui pour ainsi dire accentue l’identification personnelle comme Facebook. D’un autre côté on a des Facebook qui sont des Facebook de l’éveil. Donc c’est un peu le l’ambiguïté de notre époque. C’est sûr que fondamentalement le faire ne peut aboutir à l’éveil. L’éveil n’est pas une conséquence, n’est pas le résultat d’un faire quelconque, parce que si on est déjà ce que l’on cherche y a rien à faire. Ça veut dire qu’il faut arrêter de faire, arrêter d’être dans cette action de faire effrénée qui n’est qu’une projection de notre personnalité (…)

 

Laisser place à la présence

Voilà laisser place à la présence. Elle pourrait être dans la présence. Il n’y a plus de faire ce n’est plus un faire c’est un non-faire. mais pour arriver au non-faire il y a beaucoup de choses à faire et donc il y a une préparation il y a une préparation peut être ne fusse que participer à des séminaires, à des formations en week-end pour apprendre à défaire, à défaire tout cet édifice, cette structure que nous avons construit sur le sens du personnel (…) Disons que la pratique est indispensable mais elle est provisoire c’est le premier nettoyage qui permet de stabiliser le mental. En fait la pratique préliminaire c’est le premier pas vers la grâce. Autrement dit aide-toi le ciel t’aidera. En fait l’éveil ne se produit que par la grâce et parce qu’au moment où l’éveil se produit on sait avec une complète certitude que ça n’a rien à voir avec la personne avec l’individu qui pratiquait ceci ou cela. Parce qu’encore une fois c’est l’éveil de la conscience. Et par contre ceux qui ont connu un éveil temporaire, un spontané on appelle ça un éveil sauvage alors se lancent dans une pratique effrénée et bien sûr n’arrivent jamais à retrouver l’éveil. Pourquoi parce que ce qui avait été donné à voir gratuitement spontanément, qui était pure grâce, maintenant le je personnel veut retourner à ce grand bonheur…  Comme si le bonheur était une chose. Et donc dans cette pratique est à nouveau une dualité. Se créer un. et donc il est impossible de revenir à l’éveil puisque l’éveil n’est pas une chose à atteindre une chose à acquérir un l’éveil c’est ma nature essentielle. non tout ce que je peux faire ne pourra jamais conduire à l’éveil et ce que je fais part du postulat si vous voulez que j’existe en tant que chercheur. il va bien avoir un praticien dans ma pratique .

 

Quand la pratique devient spontanée

C’est quand la pratique devient spontanée, devient comme une habitude spontanée, que voilà le praticien le praticien pratique le mène à l’éveil. De même qu’après le premier grand éblouissement se met en pratique donc de la « demeurance » qui est spontanée. On voit bien dans la vie du jeune (… ?)  que après l’éveil fulgurant survenu à l’âge de 16 ans on a une dizaine d’années au moins où il était dans une pratique très austère.   Mais en fait c’est une pratique sans praticien. Ce n’est pas une pratique qu’il avait choisie, c’était plutôt une réponse spontanée et en fait on sait aujourd’hui que voilà c’était cette (… ?)   spontanée s’est mise en place pour purifier totalement le mental. (…)

Donc lorsque nous n’arrivons pas à nous connecter à la conscience il nous faut l’aide d’une autre forme consciente pour nous aider à nous connecter. Donc le gourou ultimement c’est la conscience cette force qui nous guide et qui peut prendre plusieurs formes.   C’est bien sûr le gourou soit dans le corps grossier le corps physique ou le gourou dans certaines subtiles qui apparaît dans la méditation qui apparaît en vision. C’est le mot de gourou mais ce que le gourou c’est la conscience elle-même. C’est le gourou c’est-à-dire le principe du guru qui n’est autre que l’inconscience donc tant que je ne puis me connecter avec ma présence au plus fond de moi-même j’ai besoin d’un ami spirituel qui va m’aider à me connecter et donc le gourou est d’abord cet ami bienveillant. Qui connait le chemin qui connaît les embûches les difficultés sur le chemin et qui va nous aider à résoudre ces problèmes pratiques sur le chemin. Donc c’est un guide c’est un coach mais ce n’est pas quelqu’un qui soit séparé de moi au contraire Le gourou apparaît comme une propre présence et donc si le disciple ou le chercheur est suffisamment ancré dans sa propre présence il reconnaît il se reconnaît lui-même où elle-même dans le gourou et donc ça c’est le grand choc.

Jean Herbert l’écrivait dans un très beau livre que j’avais lu quand j’étais adolescent que les occidentaux qui approchent un ( ?) réalisé en Inde peuvent ressentir ce grand choc. En fait ce grand choc n’est autre que le contact avec soi-même à travers le maître. Donc l’intimité de la relation dont on parle beaucoup. On dit que c’est la plus grande intimité c’est au-delà même d’un couple humain car il n’y a rien de plus intime à soi que la conscience, que l’être profond, et donc toute la relation maître disciple n’est autre que de faciliter cette réalisation de l’être et du coup cette relation la plus intime. Ça n’a rien à voir avec ce que nous considérons comme intimité un sur le plan humain psychologique, c’est bien au-delà de ça.

Néo-Advaïta[ (Wikipedia)

Un courant plus récent, généralement désigné sous le terme générique « non-dualité », mais correspondant plus précisément par ses racines à un Néo-Advaïta5 ou Néo-Védanta6 est apparu en Occident dans la seconde moitié du xxe siècle. Ses promoteurs sont généralement des occidentaux qui ont été disciples de maîtres indiens et sont retournés dans leur pays pour exposer leur compréhension de ce système de philosophie (Jean KleinArnaud DesjardinsAndrew CohenEckhart TolleFrancis Lucille) .

 

 

 

Yoga, l’encyclopédie

Yoga, l’encyclopédie paru cette année 2021 chez Albin Michel est un ouvrage exceptionnel : c’est une véritable encyclopédie. Elle représente un travail considérable, par des auteurs très nombreux, sous la direction de quelqu’un qui est à la fois chercheur, universitaire, conférencière, mais aussi praticienne : Ysé Tardan-Masquelier

Le corps, le souffle, et l’esprit

Il serait difficile de parler du yoga sans aborder les questions de pratique, sans prendre en compte le corps et le souffle. Le souffle qui, naturellement, amène au corps. Toutefois, lorsqu’il aborde la question des méthodes, et dieu sait qu’il y a de multiples méthodes où d’écoles qui existent dans le champ du yoga, cet ouvrage le fait toujours dans une perspective d’ensemble, celle des sciences humaines. Voir notre article

Une forme de spiritualité

Ysé Tardan-Masquelier dans son introduction, explique que le que le yoga désigne une diversité de conceptions et de pratiques aux origines et à l’histoire peu connus, sans cesse reprises, interprétées, depuis plus de 2 millénaires. Ce qui fascine, irrite, interroge, dit-elle, c’est cette expansion planétaire… Est-elle l’indice d’une mode exotique demande-t-elle ? Elle pose toute une série d’autres questions tout à fait pertinentes : est-ce l’expression de l’individualisme, qui se porte vers un idéal du corps, un désir de bien être, de bonne santé, la vitrine d’un marché concurrentiel et plutôt lucratif, le signal d’une remise en question ?

C’est en réalité que se transforment les habitudes, les comportements, à la faveur d’une quête intérieure qui vise, à travers une méthode, le calme de l’esprit et au-delà une conduite éthique une aspiration à la sagesse une forme de spiritualité.

Au bénéfice de l’humanité toute entière

Comment demande-t-elle encore aborder ce phénomène mondial à la signification déconcertante ? Longtemps ignoré par le monde académique sous-estimé et peu régulé par les autorités administratives, reconnu pourtant par les plus hautes instances internationales (Nations Unies, Unesco…) comme bénéfique à l’humanité. Elle ajoute que le contexte actuel paraît favorable à une exploration et à une analyse approfondie de toutes ces questions et de bien d’autres comme nous le verrons en approfondissement les contenus de ce livre.

Progressivement, vous indiquer toute la richesse de ce livre


Un approfondissement que nous allons donc faire progressivement, en prenant en compte les chapitres qui nous semblent répondre le plus urgemment ou en tout cas le plus directement à des préoccupations à des questions que se pose Spiritualités Magazine.

De l’origine du Yoga à son sens actuel

Voyons déjà simplement les différentes parties qui composent l’ouvrage.

La première : Aux origines du yoga… avec carrément les prémices du Yoga Sûtras, les aphorismes de l’école de yoga.

2ème partie : l’essor du yoga dans l’Inde antique et médiévale. L’avènement du Hatha Yoga dans le monde de l’ascèse, jusqu’au temps des mongols le monde, de l’ascèse au temps des Moghols. Puis les horizons ouverts.

3ème partie : de l’Inde à l’Occident rencontre entre 2 mondes, les initiateurs des yogas modernes.

4ème partie : l’expansion planétaire, la mondialisation du yoga. L’Inde du 21e siècle et le yoga un succès qui interroge l’individu ; le yoga une réponse à la quête contemporaine de spiritualité ; le yoga une écologie du corps et de l’esprit ; du gourou à l’enseignement de yoga, quel avenir.

 

Un livre savant et passionnant, pour aller en profondeur

Nous allons donc interroger ce livre peu à peu sur certaines des questions qui traitent dans les chapitres que nous venons de vous donner. mais dès à présent Spiritualités Magazine vous recommande chaudement ce type de lecture : il s’agit effectivement de l’une des branches fondamentales de la spiritualité et de ses pratiques, et nous ne saurions trop vous recommander d’approfondir l’histoire ces grands courants spirituels, ces pratiques, de les recontextualiser, de les voir au travers de l’histoire… Donc si vous pratiquez particulièrement le yoga ou si vous vous y intéressez du point de vue philosophique et du point de vue spirituel, n’hésitez pas à vous procurer ce livre absolument extraordinaire de savoir et de spiritualité.

 

Chez Albin Michel

https://www.albin-michel.fr/yoga-9782226448286

La sagesse

Frédéric Lenoir parle ici à partir de Spinoza…. et il y a tout, dans cette conférence, avec les maîtres du désir, en grandissant avec le désir… La joie, la non-dualité âme corps, la psychologie des profondeurs…