Sélectionner une page

Au fond, si l’on gratte un peu la surface de notre époque hyper-connectée, on se rend compte que l’intérêt pour l’astrologie et les cartes de tarot ressemble à un vieux rituel qui refuse de mourir. Ces pratiques sont là depuis des centaines — voire des milliers — d’années : l’astrologie nous vient des premières grandes civilisations qui levaient les yeux vers le ciel pour inscrire leur destin dans la voûte étoilée, et les tarots, eux, ont commencé comme cartes à jouer avant d’être investis de toute une mythologie symbolique.

On pourrait presque imaginer ce duo comme un chat cosmique et une chouette mystique qui voyagent ensemble à travers l’histoire humaine, passant par les palais des rois, les cafés bohèmes et maintenant — comme un clin d’œil du destin — nos écrans de smartphone et nos tables de salon. Ils nous parlent encore parce qu’ils proposent quelque chose que peu d’autres choses peuvent offrir aujourd’hui : un espace de sens, de symboles, de poésie intérieure.

Regardez les cartes. Chaque lame est comme une page d’un vieux grimoire — la Force, l’Étoile, le Soleil — et chacune murmure une histoire différente selon celui qui la regarde. Ce ne sont pas des prédictions gravées dans le marbre, mais plutôt des images qui résonnent avec ce qui est déjà vivant dans notre cœur, des miroirs symboliques qui font remonter à la surface émotions, questions, hésitations, rêves.

L’astrologie, de son côté, fonctionne un peu comme un langage cosmique. Elle ne prétend plus (du moins pour beaucoup) dicter un futur inévitable mais plutôt suggérer des tendances, des rythmes, un peu comme lorsque l’on consulte la météo avant de planifier une balade. Les astres deviendraient alors des compagnons de réflexion plutôt que des chefs suprêmes.

Peut-être est-ce là le secret de leur longévité. Dans un monde saturé d’informations rationnelles et de données quantifiables, nous cherchons encore des ponts vers ce qui dépasse notre simple logique — des lieux où l’intuition peut parler, où l’émotion n’est pas reniée, où l’imaginaire et le sens peuvent danser ensemble. Les cartes et les étoiles deviennent alors des outils de présence, des pauses symboliques dans notre quotidien effréné ; elles nous invitent à une forme d’écoute intérieure.

Et puis, il y a aussi l’aspect social : ces pratiques créent des communautés, des conversations. On compare nos cartes, on discute de nos thèmes astrologiques, on rit parfois de la pertinence troublante d’un symbole déniché au hasard. C’est, d’une certaine manière, un retour à l’humain — à ses interrogations, à ses récits, à ses façons d’imaginer un monde plus vaste que nous.

Alors pourquoi l’astrologie et le tarot nous intéressent-ils encore ? Peut-être parce qu’ils répondent à une quête universelle : celle de se raconter des histoires qui aient du sens, de trouver dans les images et les cycles une façon poétique de comprendre notre place — non pas comme des spectateurs impuissants du destin, mais comme des auteurs de nos propres récits.