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Science, conscience & phénomènes psi

Conscience, recherches expérimentales et neurosciences

D’expériences en théories : un état des lieux des liens entre conscience, psi et neurosciences

À l’occasion de la parution du Grand manuel de parapsychologie scientifique (Dunod, 2025),
une soirée a réuni à Paris plusieurs de ses contributeurs, dont Mario Varvoglis, Renaud Evrard,
Jean‑Pierre Rospars et Éric Dullin.
La vidéo proposée par Baglis TV en est la troisième conférence, consacrée aux recherches expérimentales sur la conscience, les phénomènes psi et les neurosciences.

Titre original de la table ronde : « D’expériences en théories – Une exploration des recherches expérimentales, des liens entre conscience, psi et neurosciences, et des modèles théoriques du psi ».


⇢ Voir la vidéo sur Baglis TV

Qui n’a pas déjà vu passer, au détour d’un article ou d’un podcast, l’affirmation que « la conscience, ce n’est que le cerveau » – ou, au contraire, qu’elle serait une force mystérieuse capable de tout expliquer ?
Cette soirée filmée, réunissant parapsychologues, neurobiologiste et physicien, propose un autre chemin : celui d’une exploration patiente, expérimentale, des liens entre conscience, phénomènes psi et neurosciences.

À partir d’exemples précis (tests de précognition avec cartes Zener, protocoles de Ganzfeld, mesures physiologiques, expériences de remote viewing, étude de cas de poltergeists),
les intervenants dressent un état des lieux des données disponibles, tout en questionnant les limites des modèles strictement physicalistes et les dérives médiatiques autour de la « conscience ».

« Stanislas Dehaene, qui demeure indéniablement un brillant chercheur, ne base ses recherches que sur des corrélats neurophysiologiques :
dans les neurones, dans les réseaux de neurones, mais pas dans la conscience en elle‑même… »

Un état des lieux des recherches expérimentales sur le psi

Mario Varvoglis ouvre la table ronde en revenant sur l’évolution des protocoles d’ESP (perceptions extra‑sensorielles) depuis les cartes Zener jusqu’aux paradigmes contemporains.
Il présente les tests de choix forcés en précognition et télépathie, les expériences de Ganzfeld,
les études de micro‑PK (psychokinèse sur générateurs de nombres aléatoires) et les méta‑analyses montrant des effets reproductibles, quoique faibles, dans plusieurs laboratoires.

Renaud Evrard, clinicien et chercheur en psychologie anomalistique, insiste sur la nécessité de distinguer les vécus de conscience exceptionnels et la validation ontologique des phénomènes.
Pour lui, les expériences subjectives peuvent nourrir des hypothèses, mais doivent ensuite être confrontées à des protocoles rigoureux, en acceptant que les meilleurs sceptiques soient souvent… les expérimentateurs eux‑mêmes.

Jean‑Pierre Rospars, neurobiologiste, et Éric Dullin apportent un regard de neurosciences et de modélisation sur ces données :
ils interrogent la manière dont les signatures physiologiques, les corrélats neuronaux et les effets statistiques observés obligent à garder ouverte la question du statut de la conscience,
sans la réduire a priori à une simple émergence des réseaux neuronaux.

Un enjeu spirituel : ouvrir l’enquête sur la conscience

Derrière la technicité des protocoles, c’est une question très simple qui traverse la soirée :
la conscience se laisse‑t‑elle enfermer dans le cerveau, ou déborde‑t‑elle nos modèles actuels ?
En refusant autant le déni dogmatique que la fascination naïve pour le “paranormal”, ces chercheurs dessinent une attitude spirituelle à part entière :
humilité devant les données, ouverture aux surprises de la réalité, vigilance face aux idéologies – qu’elles soient matérialistes ou spiritualistes.

Collaborations contradictoires et scepticisme méthodologique

Un des fils rouges de la table ronde est la question du dialogue avec les sceptiques.
Renaud Evrard évoque les « collaborations contradictoires » qu’il entretient avec des groupes spécialisés dans l’étude critique des phénomènes paranormaux (comme le groupe Para),
montrant qu’une parapsychologie scientifique a tout à gagner à tester ses hypothèses avec des contradicteurs de bonne foi.

Cela suppose que les sceptiques acceptent de mettre en suspens certaines postures idéologiques, tout comme les parapsychologues doivent s’exposer à des audits de méthode.
La soirée illustre ainsi un scepticisme qui n’est pas un refus de principe, mais un souci de cohérence :
si un effet psi existe, il doit pouvoir résister à des protocoles renforcés, à des réplications et à des analyses statistiques exigeantes.

À plusieurs reprises, les intervenants reconnaissent que « nous n’avons sans doute pas encore les bons outils » pour saisir pleinement les liens entre conscience, psi et cerveau.
Mais loin de décourager la recherche, cette reconnaissance des limites devient un moteur :
elle invite à inventer des dispositifs nouveaux, à croiser psychologie, neurosciences, physique et études de la conscience, dans un esprit de laboratoire… et de quête.

Situer la conférence dans la littérature sur conscience, psi et neurosciences

La réflexion portée par cette rencontre s’inscrit dans un paysage international foisonnant.
On peut la rapprocher de travaux comme ceux rassemblés dans le Grand manuel de parapsychologie scientifique (Dunod, 2025),
qui propose un panorama transdisciplinaire de la parapsychologie (histoire, données empiriques, modèles théoriques, enjeux cliniques).

Du côté anglophone, des ouvrages comme Dark Cognition: Evidence for Psi and Its Implications for Consciousness du psychologue David Vernon
offrent des synthèses similaires, en examinant des résultats expérimentaux sur la télépathie, la clairvoyance, la précognition, la psychokinèse,
les expériences de mort imminente et leurs implications pour une conception non réductrice de la conscience.

Ces travaux rejoignent l’appel de certains chercheurs pour « une étude ouverte et informée de tous les aspects de la conscience »,
incluant les phénomènes psi, au lieu de les exclure par principe du champ scientifique.
La conférence présentée par Baglis TV peut ainsi être vue comme une porte d’entrée francophone et vivante dans ce champ de recherche encore marginal en France,
mais déjà beaucoup plus institutionnalisé dans d’autres pays.

Pour qui, et pour quoi faire ?

Cette vidéo intéressera autant les lecteurs curieux de conscience et de neurosciences que les personnes ayant vécu des expériences dites “psi”,
ainsi que les accompagnants (psychologues, cliniciens, accompagnants spirituels) qui souhaitent disposer d’un regard informé et nuancé sur ces phénomènes.

Elle peut servir de support à un travail personnel (relecture de ses propres expériences, réflexion sur sa manière d’articuler foi, science et vécu),
ou nourrir un groupe de partage autour de la conscience, du psi et des frontières du réel.
En filigrane, une question demeure pour chacun : quelles expériences de ma vie m’invitent à élargir ma manière de penser la conscience ?

Pour aller plus loin & voir la vidéo

➤ Et vous, comment ces recherches bousculent‑elles votre propre manière d’articuler science, expérience intime et intuition spirituelle ?


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La table ronde « Conscience, recherches expérimentales, neurosciences » (Baglis TV) propose un rare dialogue entre parapsychologues, neurobiologiste et physicien
sur les liens mystérieux entre phénomènes psi, cerveau et conscience.


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