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Jung – de Frédéric Lenoir

 

Jung. Un voyage vers soi

Frédéric Lenoir nous convie à un voyage vers soi… vers le soi. C’est ce que propose, bien au-delà de la cure analytique, Jung, aux humains, à l’homme moderne. Car il s’agit bien, aujourd’hui, de réenchanter le monde : « En évoquant le monde occidental moderne, Jung souligne l’extraordinaire progrès de la conscience humaine et tous les avantages qui en découlent : différenciation, connaissance, morale universelle des droits de l’homme, progrès scientifiques et techniques, etc. Mais il déplore aussi le prix à payer de cet essor si intense et si rapide de la conscience et dénonce une triple amputation de l’homme moderne : rupture avec la  nature, avec le passé, avec le cœur et l’intériorité. » (F. Lenoir p. 302)

Le soi ?

L’exemple du Soi et du Moi qu’il faut distinguer précisément, est caractéristique et essentiel à l’œuvre de Jung, qui écrit  :   » Le moi n’étant que le du champ conscientiel ne se confond pas avec la totalité de la psyché ; ce n’est qu’un complexe parmi beaucoup d’autres. Il y a donc lieu de distinguer entre le moi et le Soi, le moi n étant que le sujet de ma conscience, alors que le Soi est le sujet de la totalité, y compris l’inconscient. En ce sens, le Soi serait une grandeur (idéelle) qui comprend en elle le moi. Il apparaît volontiers dans l’imagination inconsciente sous l’aspect d’une personnalité supérieure ou idéale, un peu comme le Faust de Goethe ou le Zarathoustra de Nietzsche « (Les types psychologiques 1921).
Comme pour tous les concepts que nous présente Frédéric Lenoir, l’éclairage est simple, complet. Il explique : « Terme emprunté à la philosophie hindoue des Upanishad, le Soi représente donc le centre de la totalité de l’âme (conscience, inconscient personnel et inconscient collectif), comme le moi est le centre de la conscience. Il en est aussi le principe directeur, le guide. »

L’ensemble des concepts psychanalytiques Jungiens sont restitués par Frédéric Lenoir, qui est un grand pédagogue en même temps qu’un chercheur. Et d’abord, bien sûr, le conscient, l’inconscient, en éclairant l’origine de ce dernier à partir de Spinoza, le philosophe dont il est aussi spécialiste.

Le dialogue du conscient et de l’inconscient

« Jung constate que le conscient et l’inconscient font rarement coïncider complètement leurs contenus et leurs tendances, En fait, l’inconscient se comporte, face la conscience, sur un mode de compensation ou de complémentarité. Jung fait aussi le constat d’une césure de plus en plus importante chez l’homme moderne entre le conscient et l’inconscient, source de névroses et de psychoses. » (p. 95). La méthode de Jung va consister à travailler par introspection à suspendre le jugement conscient, pour favoriser l’émergence des contenus inconscients de la psyché.

Un explorateur de l’âme humaine

Ce livre de plus de 300 page se lit, s’étudie, sinon se dévore, sans mal, que l’on connaisse déjà le génie de Jung ou qu’on le découvre. Il débute avec un éclairage de sa vie, qui éclaire son parcours de « découvreur », sa « pensée imaginative et la fonction transcendante ». On comprend très bien comment toute cette œuvre est reliée à une réflexion sur la religion, et devient en même temps une révolution de la psychologie et une approche spirituelle approfondie. Frédéric Lenoir consacre une grande partie de l’ouvrage à « l’expérience intérieure » : le concept jungien du « numineux », la « nécessité d’une vie symbolique », la problématique d’un Dieu extérieur au divin intérieur…

Quelques thèmes que nous allons aborder progressivement en podcast

Pensée imaginative, fonction transcendante, imagination active

L’inconscient collectif

L’archétype

Le Yin et le Yang (anima et animus), Y-king et synchronicité

Le processus d’individuation

 

 

 

La parabole du bon samaritain

La parabole du bon samaritain est sans doute l’un des récits les plus connus du Nouveau Testament.
D’abord c’est un récit qui revêt toute la force d’une histoire, qui interpelle, qui marque, dont on se souvient. C’est l’un des plus connus des storytelling du christianisme !
Et ce récit est une prise de position éthique, morale, et spirituelle, sur l’amour, sur l’accueil de l’étranger, la compassion, le choix du bien selon qu’il est conforme à la loi ou conforme à une idée universelle du bien.
Notons aussi que ce récit est celui de l’Évangile selon Saint Luc, les autres apôtres semblant éluder le sens et les éléments cruciaux de ce récit. (1)

Dans cette émission de France Culture, Pierre Manent et Camille Riquier se livreraient, avec Alain Finkielkraut à une exégèse de la parabole. Soit. Mais le propos est orienté sur une prise de position du pape actuel « Fratelli Tutti », et sur la question de la politisation de la parabole, en réponse à la question de l’immigration : l’accueil inconditionnel de ceux qui sont dans la misère, le malheur…
Et si c’était plutôt les fondements même de l’humanisme, au-delà de toute question religieuse, qui font écho en nous au travers de ce récit ?

(1) Pour bien comprendre le récit, reprenons l’explication de wikipédia : « les deux passants mentionnés dans la parabole sont un prêtre (un cohen, ou sacrificateur) et un lévite. Comme le souligne Wilbert Kreiss19, ce prêtre et ce lévite se rendent peut-être à Jérusalem, pour officier au Temple. Dans ces conditions, le simple fait de toucher du sang, et à plus forte raison un cadavre, les « disqualifierait » dans l’exercice de leur service »